Je m'endormirais à quelques pas de là où je suis né, ruiné comme la terre par les êtres humains monéophages.
Je me serais fait mener en bateau par ma peau détendue, mes organes prétendument ravagés par mon manque de maintien. Maintenant, plus rien ne pourra nous arriver, on aura déjà tout fait avant,
dans l'ancien maintenant.
Moi je préférais Pavarotti et Beethoven aux machines digitalement colonisatrices.
Avant, je m'endormais la tête pleine de désir tendre et charnel, les yeux pleins de feux d'artifices naturels...
je me disais que tout était vraiment possible, risible, futile face au monde...
je m'endormirais à quelques pas de là, de la décadence occidentale.
On ne se détend plus qu'en se faisant du mal, pensant à notre désir de morphine, d'amour fou, d'hommes sensibles, de femmes fortes, de portes claquées aux nez des apôtres de « j'ai
su »...
Quel dommage de penser à s'oublier, partant en marchant, les souliers pleins de larmes, oublier les bons côtés et dépasser le drame.
Y a-t'il des vraies salopes sur terre pour les gros salops solitaires ?
J'ai vu des cruches cruelles avec elles-mêmes faire battre leurs cils pleins de Rimmel, faisant des signes à leur marin et des matelots matelassés comme des cercueils en bois verni comme le
porte-feuille de leur cruche à l'œil mouillé par l'émotion...
J'en ai rit.
Pensant à nos désirs, j'en ai rit !
J'ai faillit m'étouffer, m'emmitoufler dans un humour plaisant aux michtonneuses de la cour.
Pensant à notre désir de paix, aux solutions qui s'offre à nous, à notre besoin d'existence, à l'égoïsme qui envahit nos esprits, j'ai rit.
La sagesse est la mort fine d'un être au vécu misérable, une goutte d'œil dans chaque sourire, un goût de deuil dans chaque fou-rire, nul besoin d'armes ou de physique pour la sauvegarde de son
âme, seul territoire irréductible.
Nous souhaitons tous un peu de calme, un peu de came sous diverses formes.
Un coup de gomme sur un passage... j'en rit !
Je ne veux plus être soumis à ce système fondé par d'hypothétiques bien-pensants que je contredit à la base de leur mouvement précipité. Pensant à notre désir de morphine, je suis persuadé qu'on
a la dose que l'on demande et que le monde peut s'évanouir, il est déjà notre charogne.
J'aurais pu savoir quoi dire mais que dire...
j'ai accouché d'un sourire lorsque j'ai vu un être humain crier sa rage face à la mort.
Je prend tout avec un sourire jaune comme un citron oppréssé.
C'est pitoyable de vous voir ainsi nourrir votre égoïsme incessamment.
J'aurais pu vouloir me mentir.
Que raconter de moi personnellement...
je vous ai vu donner votre âme, rendre les armes face à l'armée nous massacrant.
J'aurais pu tous vous embrasser
vous poignarder
vous regarder
participer à votre spectacle continuel
car au final
les même larmes
les mêmes douleurs infatiguables froissent mon visage pâle comme les murs de mon immeuble.
J'aurais pu meubler le silence lâchant mon égo dans l'arène
sortir vainqueur de mon image
de votre sort de spectateur face à la femme que je console de ses blessures antérieures.
J'aurais pu m'envoler ailleurs depuis longtemps
traverser l'ère
les continents à la recherche de mon bonheur.
J'aurais pu le connaitre lui
j'aurais pu avoir une famille soudée
des frères
des soeurs
des chaînes à mon coeur indestructible.
J'aurais pu jouer de ma crédibilité pour vous faire acheter des produits à consommer de son vivant
mais vous êtes tout autant que moi condamnés à servir les chiffres
et à ne rien apprendre des lettres.
J'aurais pu suivre l'institution
marcher dans toutes ces traces de pas usées par des tas de "bien-pensant"
J'emmerde allègrement tout ce système emprisonnant les utopies dans un carcan
celui du chevalier servant les percepteurs de talents.
Et si on se
voyait...
si on se disait l'inverse de tout directement...
si on se quittait avant même de s'être connu...
si on s'aimait dans l'adversité pour pouvoir vivre dans l'entraide...
si on avait une belle boîte à rêves que l'on ouvrirait parfois afin de trifouiller un peu...
si on se disait des fois "on se quitte","on s'marie","on s'tue","on s'fait l'amour au coin d'un mur parcqu'il fait froid et qu'on s'attire depuis d't'à l'heure"...
si on se disait je, tu, il, elle, nous, ils, elles, vous...
si on ne comptait plus rien sur terre, si on se taisait pour laisser chanter le silence dans le néant de notre relation privilégière...
on est tous absent de la conscience de tout le monde à un moment ou à un autre...
si on s'oubliait en s'embrassant, en se serrant fort dans nos bras une fois pour toute, et on verra si la force perciste en nous collant l'un contre l'autre, nos deux coeurs s'écoutant rythmer
leur existence...
si on se disait "j'suis plus fou que toi" et "non ! Je suis plus folle que toi" et "non" et "si" et "non""si""non""si"...
et si on se disait "de toute façon...
tout le monde est fou pour le monde entier"...
si on s'appelait pour dire "je ne rentrerait pas ce soir..."...
et si cela ne nous dérangait pas...
et si tu ne fesais pas le ménage à ma place, la cuisine à ma place, les courses à ma place...
si je pensais moins au bien-être des autres, à l'appétit des autres, à leur conscience...
je t'aime bien plus qu'avant...
peut-être est-ce le temps...
si je me dépassais en te volant un baiser...
si tu ne m'avais pas rendu ce que je t'ai offert...
si je te voulais plus que tout...
si j'étais égoïste...
si je t'oubliais...
si tu m'appelais pour me dire "je t'aime encore aussi"...
si on avait la chance d'en avoir encore des milliers...
si nous voulions construire ensemble...
si nous savions au fond de nous qu'il n'y a que "nous" qui compte...
si on était vraiment fait l'un pour l'autre...
je ressens quelques sensations...
je me cache un amour qui me ronge...
je me cache un amour qui m'innonde...
je me cache cet amour car je crois le protéger du monde...
je t'aime...
si on se voyait !